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PARC NATIONAL DES CALANQUES : PROTÉGER LA NATURE, OUI. EFFACER NOS TRADITIONS, NON !

La Ciotat ne doit pas devenir un territoire où l’histoire de ses habitants disparaît au nom d’une conception toujours plus restrictive de la protection de la nature.

Le Parc national des Calanques est né avec une ambition légitime : protéger un patrimoine naturel exceptionnel.

Mais protéger la nature ne doit pas signifier mettre progressivement sous tutelle les femmes et les hommes qui vivent, travaillent et pratiquent leurs activités sur ce territoire depuis des générations.

À La Ciotat, la chasse, la pêche, la plaisance, les activités maritimes et les usages traditionnels ne sont pas des pratiques apparues hier.

Ils font partie de notre histoire, de notre culture populaire et de notre identité méditerranéenne.

La propre charte du Parc national des Calanques reconnaît d’ailleurs le caractère traditionnel de la chasse et indique qu’elle était pratiquée sur une partie importante du cœur du Parc. Elle mentionne anciennement notamment près de 300 chasseurs à La Ciotat ce chiffre étant largement divisé par deux avec l’appauvrissement de la population pratiquant cette activité.

De la même manière, le Parc reconnaît officiellement que la pêche de loisir constitue une activité traditionnelle et une composante de l’identité sociale et culturelle du territoire.

Mais alors, où voulons-nous aller ?

À force de réglementations successives, d’interdictions, de restrictions, de zones sanctuarisées, de déclarations obligatoires et de contraintes administratives, une question doit désormais être posée :

Sommes-nous encore dans une politique de protection de la nature, ou sommes-nous en train d’organiser progressivement la disparition des usages traditionnels ?

La question est particulièrement préoccupante lorsque les contraintes financières viennent s’ajouter aux contraintes réglementaires.

Une activité traditionnelle qui devient de plus en plus complexe à pratiquer, de plus en plus réglementée et surtout de plus en plus coûteuse, finit nécessairement par devenir inaccessible à une partie de la population.

Et lorsqu’une pratique devient financièrement inaccessible, elle disparaît progressivement.

La chasse ne doit pas devenir un loisir réservé à ceux qui peuvent payer.

La chasse populaire et communale appartient à l’histoire de La Ciotat.

Elle repose sur des associations, des bénévoles, des sociétés de chasse et des générations de chasseurs qui ont contribué à entretenir et à connaître les territoires.

La chasse peut évidemment être encadrée.

Elle doit respecter les règles de sécurité, les périodes, les espèces et les objectifs de conservation.

Mais encadrer une activité n’est pas la même chose que chercher progressivement à la faire disparaître.

La protection de la biodiversité ne peut pas avoir pour conséquence de transformer les habitants historiques du territoire en simples visiteurs tolérés.

Nous refusons une nature sans habitants, sans mémoire et sans traditions.

Nous ne voulons pas d’une conception de la protection de l’environnement dans laquelle l’homme serait systématiquement considéré comme le problème et où toute activité traditionnelle devrait, à terme, être réduite, contrôlée ou supprimée.

Nous défendons au contraire une autre vision :

Une nature protégée avec les habitants, et non contre eux.

Une nature dans laquelle le chasseur responsable, le pêcheur, le plaisancier, le randonneur, l’agriculteur et les autres usagers peuvent trouver leur place.

Une nature dans laquelle les connaissances accumulées par plusieurs générations sont considérées comme une richesse.

Une nature dans laquelle les décisions sont prises avec les acteurs locaux et non uniquement pour eux.

La Ciotat ne doit pas perdre son âme.

Si nous laissons s’accumuler les interdictions et les contraintes, le risque est de voir disparaître progressivement les pratiques qui ont façonné l’identité de notre territoire.

Aujourd’hui la chasse.

Demain certaines formes de pêche.

Puis d’autres activités traditionnelles.

Et finalement, c’est une partie de l’histoire populaire de La Ciotat qui pourrait disparaître.

Nous ne pouvons pas accepter que la protection d’un territoire conduise à l’effacement de ceux qui en ont écrit l’histoire.

Le Parc national doit rester un outil de protection de la nature.

Il ne doit pas devenir un outil d’effacement des traditions.

Nous demandons donc :

PROTÉGER LES CALANQUES, C’EST AUSSI PROTÉGER LEUR HISTOIRE.

La Ciotat a une identité.

Elle s’est construite avec la mer, la pêche, la chasse, les collines, les métiers, les familles et les traditions.

Nous voulons transmettre une nature préservée à nos enfants, mais nous voulons également leur transmettre l’histoire et les traditions de ceux qui nous ont précédés.

La protection de la nature ne doit pas signifier la disparition de la liberté de vivre et de pratiquer nos traditions.

Pour La Ciotat, pour nos traditions, pour nos enfants :

PROTÉGEONS LA NATURE SANS EFFACER NOTRE HISTOIRE.

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